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  • Lise Blanc

Inde - carnet de voyage 3 - 10 jours à Leh

Mis à jour : 14 août 2020

15 juillet 2016 Premier jour dans la capitale du Ladakh. L'air est sec et poussiéreux. Il y a un monastère accessible à pied, perché dans les hauteurs de la ville. Je monte les marches un peu trop rapidement. J'ai la tête qui tourne et le souffle court. "Doucement Lisou, faut prendre le temps de t'acclimater !" Et oui, je suis quand même à 3’500m. Je vais dans un centre de yoga et de méditation situé en ville. Ils proposent une retraite en silence de 3 jours qui commence le lendemain. J'ai bien envie d'y aller. Je veux rester un peu à Leh, je m'y sens bien. Le soir, au coin d'une rue j'entends "Hey, Lise !" Je me retourne et... Surprise !! Inti est là ! Je saute dans ses bras. Quel bonheur ! "Je viens d'arriver, mais je traine pas." Me dit-il "Je dois retourner sur Delhi dans quelques jours, un avion m'attend..." Mon cœur bat la chamade. Je suis trop heureuse de le voir, je savais que j'allais le recroiser !

16 juillet 2016 Je fais mon sac et dis au revoir à Eyal, j'ai le sentiment que lui non plus, ne trainera pas trop longtemps par ici. Il me dit qu'il n'en sait rien. Ça me fait chier de le quitter, on s'entend vraiment bien. Mais le voyage m'apprend à ne jamais m'attacher aux gens (du moins pas trop). Et seule c'est bien aussi. Sur ce, je m'en vais au Mahabodhi International Meditation Center, situé en dehors de Leh, pour mes 3 jours de retraite. Le cadre est splendide.Les journées commencent aux alentours de 5 h du matin par une méditation.Il y a aussi un cours de yoga par jour. Tout se passe bien.


18 juillet 2016 Dernier jour de retraite. Nous retournons en ville en fin d'après-midi.Je pense à Eyal. Il doit être loin... Je me balade un peu et paf ! Sur qui je tombe ?! Eyal, bien sûr ! On passe une dernière chouette soirée ensemble. Il partira le lendemain.

19 juillet 2016 J'explore un peu les alentours de Leh. Il y a un monastère à ne pas manquer. J'y vais en bus, puis un bout à pied. Sur le chemin, je croise un homme qui travaille dehors. On se pose, on discute un moment, on rigole. Je continue ma route, une moto s'arrête. Le type sur la moto me dit "L'homme là-bas m'a dit que tu es une amie. Il m'a dit de t'emmener au monastère et de te le faire visiter" Je le regarde, hésitante et finis par monter sur sa moto. C'est un jeune hindou super charmant. Il me propose qu'on s'arrête manger un morceau avant la visite. Ça tombe bien, j'ai faim. Il est poli, courtois, à la cool. Il vient du sud du pays et voyage pendant une quinzaine de jours en Royal Enfield.

"Il y a tellement de choses à voir en Inde ..." Me dit-il. "C'est sûr, c'est tellement grand. Mais le sud ne m'attire pas. " Lui répondis-je. "Garde l'esprit ouvert. Le sud à son propre charme. Rien n'est jamais comparable." C’est vrai. Il insiste pour me payer le restau. Je refuse une ou deux fois avant de céder et de le remercier. Le monastère est incroyable, la vue époustouflante. Ces vastes étendues rocheuses me font vibrer. Gratitude infinie, bercée par le chant de la vie.Mon nouvel ami me propose de me ramener en ville. J'accepte et prend mon pied à observer la beauté des paysages les cheveux au vent.


20 juillet 2016 Je rentre dans une boutique. Le gars qui y bosse est un artiste, il crée des superbes bijoux en macramé, avec des pierres. (J'adore les cailloux !) Je me pose avec lui, on discute un peu. Une jeune fille rentre dans le shop, deux longues tresses lui tombent jusqu'au ventre. Elle est radieuse, avec un sourire angélique d'enfer. On accroche directe. Super bonne vibe. On passera finalement pas mal de temps ensemble. Elle s'appelle Natalie et vient d'Australie.


21- 22 juillet 2016 Depuis que je suis arrivée à Leh, mes journées sont rythmées par des cours de yoga et de méditation. Je passe pas mal de temps à discuter avec les personnes que je rencontre. Je vais même me renseigner sur une éventuelle expé à 6'000m ...ça ne me botte finalement pas tant que ça. Je dors souvent avec d'autres voyageurs/euses afin de diviser les frais du logement par deux.Le 21, au soir, je suis invitée à une fête d'anniversaire. On se retrouve à une quinzaine autour d'une table, on passera une soirée mémorable... J'oublie vite les noms mais je garde un bon souvenir des visages. Et ce soir-là, tous les visages étaient illuminés d'un profond sourire. Tu sais, le sourire qui te fait sourire. Le sourire qui pétille dans les yeux des gens. Ça fait un bien fou.

23 juillet 2016 Aujourd'hui c'est samedi. Je recroise des amis Israéliens. Ils me disent "Aujourd'hui c'est Shabbat. Viens manger avec nous ce soir, ça va être marrant et en plus, c'est gratuit !"Il y a une grande communauté juive ici. Ils ont un endroit à eux, pour se retrouver, échanger et partager leurs histoires de voyages. Le soir, bien que pas trop à l'aise à l'idée d'être la seule "non juive" au milieu de tous, je décide quand même d'y aller.Je ne comprends pas un mot d'hébreux, mais finirai la soirée à chanter, danser et taper dans les mains... J'ai passé un super moment, on s’est bien marré.Ce soir-là, j'ai ouvert les yeux sur les différences culturelles et les gens. Je me suis dit que chacun devrait partir à la rencontre de l'autre à un moment donné dans sa vie. "L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne" dit le dicton. Explorer le monde c'est surtout explorer son propre intérieure, et s'ouvrir à l'Autre. "Un tour du Monde passe avant tout par un Tour des Hommes." écrivait Ludovic Hubler. J’ai la certitude que le monde et l'humanité se porterait bien mieux si chacun faisait un pas vers l'autre, sans préjugés, sans peurs. Choisir entre la peur ou l'amour n'a rien d’anodin. Je suis persuadée que les gens sont bons. Que chacun porte en soi sa propre vérité et qu'il n'y a aucune séparation entre les êtres. Gardons en tête que les frontières ne sont pas visibles depuis les airs.

Aux alentours du 24 juillet 2016. Les dates de mon séjour à Leh ne sont pas tout à fait exactes. J'ai perdu certaines pages de mon carnet en cours de route. Je suis ici depuis une dizaine de jours, le besoin de bouger se fait sentir. Natalie me parle de partir quelques jours à Nubra Valley. Je ne sais pas où c'est moi, Nubra Valley, mis à part qu'il faut un permis pour y accéder. Natalie et Gustav, un ami qu'elle a rencontré en cours de route, l'ont déjà. Je passe deux jours à essayer d'en choper un. Je ne l'aurai finalement pas et tente d'y rentrer sans. On décide de se lever tôt et d'y aller en stop. Première tentative ratée. On poireaute deux ou trois heures au bord d'une route où les seules voitures qui passent sont déjà blindées de touristes.


On décide finalement de redescendre en ville et de faire comme tout le monde. On négocie avec un chauffeur et c'est parti ! C'est parti... jusqu'au premier contrôle où l'on doit présenter le fameux "permis de passage". J'essaie de négocier avec les flics. Il me disent clairement que si je ne l'ai pas, je ne passe pas.J e me résigne. Je ne passerai pas. J'embrasse mes amis et sors de la voiture. Je me retrouve à faire du stop, seule. Je n'attends pas longtemps avant que deux gars me prennent. Après une bonne demi-heure de route, me revoici à Leh. Sauf que moi, j'en ai un peu marre, d’être ici... Besoin de voir autre chose. J'avais rencontré deux jeunes Suissesses à la soirée d'anniversaire et qui m'avaient parlées de Lamayuru, un petit village dans lequel est niché un monastère plutôt ahurissant. Je demande aux gars qui m'ont prise en stop de me déposer dans une station de bus et prends un ticket pour le prochain qui y va. Départ le lendemain matin à 5h. Je retourne à Leh pour y passer une dernière nuit. Je me réjouis de me barrer d'ici.

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