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  • Lise Blanc

Démystifier l'aventure au féminin



On en connaît toutes au moins une, de ces filles qui font partie de la trempe des Ella Maillart, Alexandra David Néel ou Sarah Marquis, semblant ne craindre ni bêtes ni hommes, se lançant sur les chemins du monde à cœur ouvert, le regard tourné constamment vers l’horizon, déterminées, quoi qu’il en soit à côtoyer leur liberté et à assouvir leur profonde envie de découverte et d’évasion, goûtant chaque instant de la vie à pleine dent, sans – semble-t-il – redouter le monde et ses dangers.

Alors, qu’est-ce qui nous différencie de ces énergumènes, de ces femmes fortes, qui ont ouvert la voie de tous les possibles et ont marqué l’histoire par leur détermination et leur force indomptable ?

Qu’est-ce qui différencie les femmes, dans leurs attitudes et leurs rêves d’évasion ?

Pourquoi certaines osent franchir le pas alors que d’autres passent leur vie à se demander si oui ou non elles devraient se lancer ?

Pourquoi ne sommes-nous pas toutes égales, face aux émotions que l’immensité des terres et les espaces sacrés du monde évoquent en nous ? Pourquoi avons-nous la boule au bide, avant de partir seule, à côté – ou presque – de ce que l’on connaît, alors que d’autres semblent dénuées de toutes craintes et de toutes angoisses avant le « grand départ au bout de la terre » ?

Si la vastitude des déserts et des océans peut paraître inquiétante, il me paraît important de souligner que l’homme est pour la plus grande majorité du temps un être bienveillant et solidaire. Tout le monde n’est pas méchant ou désobligeant. Les barbares et leurs intentions malsaines ne courent pas les rues, même s’il est également important de préciser que le monde n’est pas peuplé non plus que de bisounours rayonnants d’une blancheur pure et immaculée.

Trouver le juste-milieu, côtoyer le bon équilibre entre ce que la télévision veut nous faire avaler et nos propres expérimentations évasives. De par mon expérience, je peux vous assurer ceci : le monde est plus équilibré que ce que l’on essaie de nous faire croire à la télé.

Je n’ai certainement pas les réponses à toutes les questions, mais si d’apparence, je parais sûre de moi et confiante, à l’intérieur, je suis cet être sensible et peureux, qui à la cervelle cramée à force de trop cogiter. Je connais moi aussi l’angoisse et ses crises, la peur et les doutes.

La seule chose qui me propulse vers l’avant, c’est qu’à un moment donné, j’ai renversé le cours de l’histoire. (Non, sans déconner !) Enfin presque. J’ai surtout renversé le sens d’une phrase qui a ensuite changé le cours de ma vie. Le : « j’y vais pas, j’ai peur » s’est transformé en : « j’ai peur, donc j’y vais ».

« C’est tout ? »

Oui, en gros. Mais attendez, ne partez pas trop vite ! Car dans cet article, je vais vous dévoiler certains secrets pour que vous aussi vous osiez vous lancer dans l’aventure et y survivre. Bah oui, car après tout, on compte bien en profiter au max et rentrer vivantes de nos péripéties non ?!

Aujourd’hui, je voulais mettre ma petite expérience de vadrouilleuse au service de mes sœurs. Sans prétention aucune. Il me tenait simplement à cœur de partager certaines informations à celles qui n’ont pas encore osé franchir le pas ou qui se demandent encore ce qu’elles risqueraient si elles se lançaient sur les routes du monde.

Alors, prêtes pour le grand plongeon ? Partez... À vos sacs ! (Pas le Michael Kors, non ! L’autre ! Le grand, où il y a écrit 65 L. dessus...)

1. 10 vraies bonnes raisons de voyager seule

Qui dit solo ne dit pas seule. On connaît toutes l’adage anglophone « travel on your own but never alone ». Qui dit seule, dit multitude de rencontres, de possibilités et d’ouvertures. Il y a tellement d’avantages à se lancer solo, que je vous ai préparé une petite liste en dix points :

1. Vous avez le choix d’être avec du monde ou de vous retrouver avec vous-même quand vous le désirez.

2. C’est plus facile pour faire du stop.

3. Les gens vous inviteront à dormir chez eux plus facilement si vous êtes seule plutôt qu’a deux ou à plusieurs.

4. Vous allez rencontrer énormément plus de gens.

5. Vous allez vous découvrir sous toutes les facettes possibles et inimaginables.

6. Vous allez apprendre à vous connaître sous toutes vos coutures dans les deux meilleures écoles du monde : celles du voyage et de la débrouillardise.

7. Même si vous êtes timide, vous n’aurez pas le choix, à un moment ou à un autre, de vous tourner vers les gens. Cela vous fera encore plus sortir de votre zone de confort. Confiance en vous puissance 10'000 !

8. Vous aurez l’embarras du choix côté mecs.

9. Parce que Renaud chantait « vivre libre, c’est souvent vivre seul... »

10. Parce qu’en voyageant depuis toutes ces années, il ne m’est jamais rien arrivé et que je n’ai jamais rencontré de femmes à qui il était arrivé des malheurs. Et gare à la belle-sœur de la cousine de la tente de votre voisine qui connaît quelqu’un qui s’est fait piquer son porte-monnaie au Vietnam... Les couacs en vadrouille, ça arrive. Mais cela peut tout autant vous arriver dans votre pays natal. De plus, le fait d’être un homme ou une femme n’y change rien. Tout cela nous emmène au chapitre suivant : la sécurité.

2. Voyager intelligemment quand on est une femme.

Et oui, mesdames ! Intelligence = sécurité. Car...


On le sait, qu’il ne faut pas se balader avec un appareil photo à 1'500 Euros autour du cou dans les rues de Rio. On le sait qu’il ne faut pas se pavaner en décolleté en Inde. On le sait, qu’il ne faut pas se coller la race du siècle avec de parfaits inconnus en plein Quito à 2h du matin. On le sait, qu’il faut se rentrer avant la tombée de la nuit dans certains endroits du monde. On le sait, qu’il faut toujours tenir informée des proches (amis, famille) dans notre pays ou dans le pays dans lequel nous voyageons, si on décide de partir quelques jours avec telle ou telle personne.

On le sait, qu’il faut suivre notre intuition et écouter notre petite voix intérieure lorsque celle-ci nous dit de ne pas monter dans cette voiture, ni de faire confiance à la personne que l’on a en face de nous. On le sait, qu’il n’est pas très conseillé de faire du stop une fois la nuit tombée – et ce, n’importe où sur notre chère Terre. On le sait, que le spray au poivre est efficace en cas d’agression. On le sait, qu’il faut toujours cacher du cash dans différents endroits de notre sac à dos - et même sur nous – « au cas où ». On le sait, qu’il n’est pas prudent de regarder les hommes dans les yeux dans certains pays. On le sait, qu’il ne faut trimballer son passeport et toutes ses cartes de crédit en même temps. On le sait, qu’il faut éviter les substances lorsque l’on est seule dans une boîte ou dans un bar. (Et de manière générale d’ailleurs.) On le sait, qu’il faut mentir lorsque l’on vous demande avec un sourire en coin et un air de chien en manque : « Alors, tu voyages seule ? » Auquel cas, vous répondrez : - « Moi, seule ? Ah non. Il y a mon père, champion Suisse de boxe et mon frère qui va passer boxeur pro un de ces jours qui m’attendent juste là-bas... Tu n’y vois aucun inconvénient à ce que je file les rejoindre, non ? »

TIP de survie : si vous croyez à votre histoire, les gens vous croiront aussi.

Faire preuve de bon sens et d’intelligence, c’est déjà réduire considérablement les risques. Renseignez-vous sur les us et coutumes du pays que vous allez visiter. Parlez avec des copines qui y sont allées, échangez sur les réseaux sociaux. Facebook regorge de groupes pour femmes qui voyagent seules. Vous trouverez toujours quelqu’un de passionné ou qui a eu un coup de cœur pour la destination qui répondra très volontiers à vos questions.

3. Les meilleures plateformes internet pour les filles qui voyagent seules


Les groupes Facebook

- Copines de voyage

- We are backpackeuses

- Voyager au féminin en sac à dos


Hébergements


- La voyageuse

4. Comment faire face à l’inquiétude des proches ?

À 21 ans seulement, l’Inde m’a appelée tellement fort que je me suis vue contrainte d’y foutre les pieds. Quatre jours après l’injonction, mon passeport était tamponné d’un visa double entrées pour une durée de 6 mois. Je me suis envolée avec un aller simple en poche. Est-ce que ma famille était ravie de me voir partir ? Sans doute. En Inde ? Que nenni !

Lorsque mon intuition m’a envoyée dans ce pays, j’ai passé deux jours à demander des avis à mon entourage sur la finalité de l’histoire. À savoir : y aller ou pas ? Mais la décision, en amont, était déjà prise. Comme toujours, il ne sert à rien de se tourner vers les gens, car ceux-ci, remplis de peurs et d’appréhensions les reporteront sur vous. Alors, s’il y a bien une chose importante à retenir, c’est celle-ci :

Écoutez-vous. Seulement vous. Et que vous, car vous seule savez ce qui est juste et bon pour votre personne. Cela vous paraît égoïste ? Tant mieux. Le monde tournerait mieux si chacun s’écoutait réellement...

Beaucoup de gens vous bombarderont de conseils et d’histoires que vous n’aurez ni envie, ni besoin d’entendre à ce moment-là. Si votre intuition et votre voix intérieure vous guident dans d’autres contrées, alors foncez ! Les gens qui vous entourent (proches ou non) rejetteront leurs propres peurs sur vous. Ils essaieront de vous dissuader de sauter le pas. Ne les écoutez pas. Le temps passe beaucoup trop vite pour ne pas réaliser ses rêves, ses envies ou ses besoins. Et c’est ici et maintenant que ça se passe. L’écoute attentive de notre intuition est primordiale à notre bien-être et à notre santé physique et mentale. Elle seule détient les clés de l’évidence et les réponses aux questions que nous nous posons.

Il est totalement légitime que votre entourage s’inquiète pour vous. Il n’est cependant pas nécessaire qu’ils en fassent des tonnes. Posez-vous avec eux et discutez-en. Je pense qu’il est important de dialoguer et d’entendre ce qu’ils ont à dire. Mais, il est tout aussi important que vous vous affirmiez et leur expliquiez que vous ne partez pas à cause d’eux ou « contre eux », mais que vous avez besoin de le faire pour votre propre évolution, en accord avec vos envies et votre liberté. Vous pouvez aussi argumenter le fait que communiquer et garder contact depuis l’étranger est très facile de nos jours. L’idée ici et que vous partiez sereine et avec le cœur léger.

5. En conclusion :

L’appréhension qui précède les voyages est inévitable pour beaucoup – moi y compris-.

Mais il est primordial de sauter le pas et de dépasser ses craintes. Ce n’est pas un moment agréable, certes. Mais le grand saut - inévitable -, est salutaire et décisif. Impossible à esquiver. Beaucoup de gens plus âgés regrettent certains de leurs choix, pleurant ainsi si la vie qu’ils auraient aimé avoir, mais n'ont pas eue par crainte, par omission, par obligation. Évoquant ainsi qu’ils auraient dû se lancer, oser et justement, franchir le pas, peu importe le contexte et ce que ça signifiait pour eux. (Changer de job, déménager, voyager, commencer un sport etc...)

Alors, n’ayons plus peur de nous laisser guider par la vie et par les choix qui en amont, sont déjà pris à notre place. La vie sait ce qu’il est bon pour nous et nous offre ce dont nous avons besoin à chaque instant.

Osons, car celui qui ne tente rien n’a rien. Et que la vie à ses raisons que le mental, bien souvent, ignore.

Et puis, vaut mieux avoir des remords que des regrets, non ?

Je vous souhaite à toutes une belle évasion sur la plus belle des routes : celle de votre cœur et de votre intuition.



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