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  • Lise Blanc

Comment marcher sur le Te Araroa trail ? Plutôt duo, solo, en groupe ou en famille ?

Mis à jour : janv. 5

Même pour la solitaire extrême et l’antisociale de base que je suis, une partie de moi doit bien avouer qu’il était parfois très agréable d’échanger avec ceux de mon espèce lorsque je marchais sur le Te Araroa trail. Dans cet article, je vais essayer de répondre aux questions qui sont souvent revenues ces derniers temps à ce sujet.



Est-ce mieux de marcher aux côtés de quelqu’un ?


Mieux je ne sais pas. Différent, oui. Si on a un compagnon de route avec qui c’est fluide et avec qui l’on est sur la même longueur d’onde, et le même rythme (hyper important !) alors c’est plutôt chouette. Par contre, si le courant n’est pas à 100 % et que l’autre vous pompe votre énergie, tirez-vous vite fait de votre côté ! Vous aurez trop de choses à faire et à penser sur le trail sans qu’en plus quelqu’un vous emmerde.


Je veux marcher avec quelqu’un, mais aucun de mes amis proches n’est motivé à me suivre…


En commençant le trail à la même période de l’année que les autres, vous trouverez plein de personnes avec lesquelles vous ferez un bout de route, voir le trail en entier. Pour ma part, j’ai marché quelques jours avec Mike dans l’île du sud, avant de rencontrer Chrissy et un couple de français avec qui j’ai marché quelques temps sur l’île du nord. J’ai été ravie de pouvoir expérimenter les deux : la marche en solo et en bande.


N’est-ce pas plus rassurant de marcher à deux ?


La plupart du temps, oui. Mais j’insiste sur le fait que le Te Araroa est une randonnée longue distance balisée, sécurisée et qui n’a rien à voir avec une expédition ou des treks vraiment techniques en haute montagne par exemple. Je pense qu’il ne faut pas en faire tout un plat… Des milliers de gens empruntent ce chemin chaque année, vous croiserez du monde en cours de route, dans les huts, même en ville quand vous vous approvisionnerez ou vous vous reposerez. (Vous repérerez facilement les TA hikers à leur odeur ou à leur dégaine !) Donc pas de soucis à vous faire de ce côté-là… Si vous ne le sentez vraiment pas de faire ce trail seul, parcourez la page FB officielle du TA quelques jours ou semaines avant de commencer, et demandez aux gens s’il y en a qui sont dans la même situation que vous, et qui seraient motivé à vous accompagner pour (au moins) débuter le trail, histoire que vous preniez confiance petit à petit en ce que vous faites, et vous habituez à votre nouvelle routine de randonneur.


Je veux marcher seul et passer le maximum de temps avec moi-même. Comment faire ?


1. Marcher du sud au nord


C’est exactement dans cet état d’esprit que j’ai débuté le trail. C’est d’ailleurs la première des raisons pour laquelle j’ai commencé en sens inverse : du sud au nord. En effet, la majorité des gens commencent à Cape Reinga et finissent à Bluff. En marchant en direction du nord, vous ne ferez que croiser la vague de sobo (les gens commencent tous en même temps, vous les croiserez donc la plupart du temps en groupe), et pourrez ainsi profiter d’être plus seul que si vous faites « comme tout le monde ».


2. Marcher hors saison


Pas beaucoup de gens vous le conseilleront et pourtant, partir hors saison est la meilleure façon de pouvoir passer un maximum de temps seul. Vous pouvez très bien commencer à Bluff au mois de février et terminer début voir fin juin à Cape Reinga. Les mois de février et de mars sur l’île du sud sont encore agréables, les mois d’avril et de mai sur l’île du nord le seront aussi, même si l’automne commencera déjà à s’installer. Personnellement, je pense que marcher en automne (voir début d’hiver) sur l’île du nord à plein d’avantages. Déjà, il n’y aura quasiment personne d’autre que vous à ce moment-là sur le TA. Ensuite, les trail angels seront hyper heureux de vous accueillir chez eux car, vous l’aurez compris, vous serez seul et la vague de marcheur aura passé. Et aussi parce que les nuits seront plus froides donc, ils insisteront pour que vous dormiez à l’intérieur. Et finalement, il fera plus frais en journée, ce qui est selon moi, beaucoup plus agréable pour marcher. L’automne (mai-juin 2019) a été plutôt doux. Il a plu, mais ne vous fiez pas seulement à la météo, car le Te Araroa est de toute façon réputé pour être une randonnée longue distance pluvieuse, et ce, quelle que soit la période de l’année. La seule recommandation que je ferai, c’est de ne pas se lancer dans la traversée de l’île du sud en hiver (mai à octobre).


Une dernière chose. Le parc national de Whanganui est fermé pendant l’hiver. Si vous souhaitez faire la descente en kayak ou à pied, renseignez-vous sur la période de fermeture et faites-en sorte d’y être avant la fin de la saison d’été. Voici le lien direct du site du DOC.



Je suis en couple et nous aimerions faire le Te Araroa ensemble. Est-ce une bonne idée ?


J’ai rencontré de nombreux couples qui cheminaient ensemble sur le TA et qui me disaient que tout se passait bien. Mais pour ça, je pense que vous êtes les seuls à décider et à savoir si la connexion dans ces conditions sera toujours au top. Perso, je trouve ça courageux de se retrouver ensemble H/24 avec son ou sa partenaire, donc bravo à tous ceux qui le font !


Puis-je marcher avec ma famille ?


Oui ! Il y a d’ailleurs plusieurs familles qui l’on fait avec des enfants. Ces derniers étaient au taquet et on ne peut plus heureux de vivre une telle expérience ! Foncez !


L’histoire de Sophie


Un soir, dans une hut, j’ai rencontré Sophie, une jeune femme qui avait passé trois mois à marcher avec des gens. C’était une sobo qui avait débuté le TA en solitaire, avec l’envie de se retrouver avec elle-même. Mais après seulement un ou deux jours de marche, elle s’est greffée à un groupe de randonneurs avec qui elle s’était tout de suite bien entendue. Ces gens sont devenus ses amis, sa famille, ses potes de galère et ses camarades de route. Un compagnon de marche, c’est un peu comme un compagnon de cordée. Le lien devient vite fort, magique, unique et prenant. Mais un jour, la bande s'est séparée. L’un d'entre eux s’était blessé et a dû stopper la marche, un autre a dû retourner d’urgence chez lui, et une autre a fait une pause de plusieurs jours, car ses parents étaient venus lui rendre visite. Et ce soir-là, elle me confiait en pleurs qu’elle s’était retrouvée à cheminer seule et qu’elle se rendait compte qu’elle détestait ça. « C’est horrible d’être dans sa tête tout le temps quand t’es seule ! »


En effet, marcher seul, c’est faire face à soi-même et à ses pensées en permanence. Donc si vous n’êtes pas prêt ou ne souhaitez pas expérimenter cela, marcher avec des gens est la meilleure option. Si vous voulez en savoir plus au sujet des pensées et de comment faire face à soi-même sur une randonnée longue distance, je vous invite à cliquer ici.



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